S.E. M. MAURICE KOUAKOU BANDAMAN

Un pavillon de la fraternité et de l’ouverture  

 

Mettre en dialogue les énergies individuelles et se donner un cap au service des intérêts communs : ainsi se présente le pavillon des Lettres d’Afrique, ce bel outil voulu par les administrateurs étatiques et les professionnels du livre du continent africain. Cela faisait de longues années que ce rêve habitait les esprits. Il fallait cependant attendre les vents favorables...

Pour être entré en littérature au milieu des années 1980 et pour avoir pris part, plusieurs années durant, au Salon du livre de Paris et à bien des rencontres internationales, je savais le désir ardent de l’Afrique de se donner une grande voix, pour une visibilité de son industrie du livre et de ses auteurs à l’échelle internationale…

Désormais, notre continent est en train de tenir, bien en main, son destin dans le domaine du livre et de la promotion de ses auteurs. L’existence du pavillon africain est une leçon de vie. Elle est aussi une ligne philosophique qu’il nous appartient de consolider, dans la droite ligne des objectifs de l’Union Africaine : marcher unis, d’un même pas, pour relever les défis de notre temps, au service de nos peuples.

Dans un monde où les grands blocs géographiques affirment leur vitalité, il revient à notre continent de faire vivre pleinement, et en l’assumant, un rêve unique pour son livre. Cette Afrique, dont les ressources financières sont loin d’être suffisantes, irait ainsi à la mondialisation sans aucune dispersion de ses forces et de ses objectifs propres.

Notre continent est aussi celui des bras ouverts, de la fraternité agissante. C’est pourquoi, le pavillon ouvre grand ses portes à la Caraïbes d’Aimé Césaire — cette terre qui porte une immense part de notre histoire heurtée —, ainsi qu’aux Etats frères du Pacifique.

En créant un pavillon de l’ouverture à soi et aux autres, et en en faisant un outil fédérateur, intégrateur, l’Afrique du livre montre son désir d’affronter les défis de sa modernité et de son destin, en toute lucidité. Bravo à Aminata Diop-Johnson pour avoir été au départ de ce pavillon devenu, en si peu de temps, la fierté de l’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique.

 

Maurice Kouakou Bandaman

Ministre de la Culture et de la Francophonie

Côte d’Ivoire